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Le chicon: un légume avec un choix variétal large et de grande qualité

Le choix variétal en production de racines de chicons évolue considérablement. En effet, plusieurs centres de recherche appliquée collaborent pour assurer une veille de ces progrès et nouveautés pour ce légume dont demande pour la vente en circuit court s’étend essentiellement d’octobre à avril.

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Le forçage des racines peut se faire en hydroponie ou en pleine terre. Grâce aux techniques de conservation et au choix des variétés, la production est assurée toute l’année. Par ailleurs, les installations frigorifiques doivent s’adapter aux nouvelles normes sur l’utilisation des fluides frigorigènes.

Pour cette culture, la réussite d’une production de racines de chicons repose avant tout sur la qualité du semis. Si la levée est régulière, nous pouvons espérer l’obtention de racines d’un âge identique permettant un forçage homogène. La régularité de la population est très importante.

Au contraire, une mauvaise levée signifie des calibres hétérogènes des racines et de grandes difficultés pour forcer correctement les lots.

Plusieurs possibilités…

Le choix variétal est large et de grande qualité. Il est possible de grouper les variétés selon la période de forçage prévue, sachant que les résultats obtenus par les centres de recherche belges et français peuvent varier selon les conditions culturales de l’année. Les variétés reprises ici ne sont que quelques exemples sans préjuger de la qualité des variétés involontairement non citées. Inagro de Rumbeke-Beitem met en ligne les résultats comparatifs très récents (https://inagro.be/) obtenus en collaboration avec le centre de recherche appliquée du Brabant Flamand, l’Association des producteurs d’endives de France à Arras et avec des compléments d’informations de plusieurs organismes actifs dans le secteur.

– Forçage en octobre et novembre : Beguine, Bingo, Ecrine, Manoline, Mont Blanc.

– Forçage en novembre et décembre : Darling, Illumine, Topscore.

– Forçage en février, mars : Djine, Galaxie, Helios, Nacre, Olympic, Tobix,.

– Forçage en janvier, février, mars et même plus tard : Daufine, Déesse, Fakir, First Lady, Flexine, Jarix, Laurine, Vintor, Sweet Lady.

– Forçage en avril, mai, juin et été : Daufine, First Lady, Flexine, Galaxie, Lady Marie, Nacre, Sweet Lady, Vintor.

Préparer le sol pour un développement optimal de racines

La densité de population souhaitée sera de l’ordre de 18 (sur buttes) à 28 racines (à plat) par m² pour ne pas avoir de racines trop grosses ni trop petites pour le forçage (diamètre idéal de 3,5 à 5,0 cm au galbe du collet). Notons que les racines ne seront pas toutes aptes au forçage, des pertes devant entrer en compte lors des opérations de récolte, de manutention et de triage. Pour des semences de bonne qualité, la densité de semis sera de 25 à 36 graines par m², soit 250.000 à 360.000 graines/ha.

Au niveau de la préparation du sol, il est nécessaire d’obtenir un profil homogène, sans zone compactée, creuse, et sans semelle de labour. Cela permettra d’obtenir des racines pas ou très peu fourchues, mais surtout leur alimentation correcte en eau et donc en sels minéraux. En cas de mauvais enracinement dû à une dégradation de la structure de sol, l’exploration du profil par les radicelles sera limitée, ce qui est défavorable à l’alimentation en calcium de la plante au champ. La conséquence sera une teneur insuffisante des racines et des problèmes importants au forçage (différentes altérations physiologiques touchant, entre autres, la coloration excessive de l’axe du chicon et la nécrose marginale des feuilles). Notons que celles-ci devraient avoir une longueur de l’ordre de 17 cm à l’arrachage, base des pétioles non comprise.

SB 4153 racines

Les besoins en fertilisation

Le choix variétal est influencé par la mise à disposition attendue d’azote par le sol. Les variétés dites sensibles dans les catalogues des semenciers ont besoin de 110 à 140 kg d’azote incluant évidemment les reliquats, l’effet de la culture précédente et la minéralisation des matières organiques du sol. L’analyse du profil par un laboratoire permettra de s’assurer du respect de cette contrainte. Pour les variétés dites tolérantes, leur besoin est de 140 à 16 kg d’azote libéré et de 160 à 180 kg pour les variétés préférantes.

L’analyse classique de sol est aussi précieuse afin de tendre vers un bon équilibre nutritif entre le potassium, le magnésium et le sodium. De manière générale, une bonne fumure potassique et magnésienne équilibrée permet de limiter les excès d’amertume au chicon lors du forçage. Ce contrôle permet de déterminer les besoins en phosphore, potassium, magnésium.

De plus, la fourniture d’azote à la culture est un élément clé de la réussite. C’est la minéralisation des matières organiques du sol qui apporte l’essentiel de ce qui sera consommé par la plante. Or, cette dernière dépend de l’état de fertilité du sol et des conditions météo.

Attendre la bonne température

Comme déjà indiqué, la réussite du semis est une des clés de la réussite finale. La préparation du lit de semis, le réglage du semoir, la qualité des semences joueront un rôle fondamental. Le sol doit être bien rassis, la semence est positionnée à 5 à 7 mm de profondeur et est bien plombée, d’où l’importance de ce facteur lors du réglage du semoir.

La levée est constatée après 6 à 8 jours ; idéalement elle devrait atteindre au moins 80 %. Pour cela, la température du sol est également un élément important. Il ne faut jamais semer à moins de 8°C, cela entraîne de mauvaises levées et de la vernalisation. Il est nécessaire de commencer à partir de 10°C minimum au sol, et attendre les 12°C pour les plus gros des semis.

Le désherbage en bio et en conventionnel

Le désherbage reste un point délicat. Plusieurs opérations concourent à sa réussite : une bonne maîtrise de l’enherbement au fil de la rotation et les faux semis. Ceux-ci sont bien adaptés pour cette culture qui n’est pas semée tôt et qui a besoin d’un sol bien rassis. Ils permettent de diminuer significativement la présence de matricaire camomille et de galinsoges.

En culture bio, les binages, complétés par le désherbage thermique, assez bien supporté du stade 1 à 5 vraies feuilles de la culture, permettent de limiter les interventions à 100 à 150 heures/ha.

En culture conventionnelle, cette opération profite des développements récents en culture de chicorée produite à des fins industrielles. Les doses totales annuelles des matières actives utilisables en désherbage chimique des racines de chicons sont limitées. Il est possible de consulter phytoweb pour s’informer des actualisations. Les interventions sont souvent comparables à celles préconisées en chicorées.

La liste des produits homologués disponibles diminue sur fytoweb. Nous retrouvons notamment, sauf omission involontaire : dimethenamide-P (Arundo, Frontier Elite, Grometa, Interfront 720), ethofumesate, isoxaben (AZ 500, Inter Isoxaben 500, VSM Isoxaben 500), fluazifop-P-butyl (Fusilade Max), penoxsulam (Boa, Wopro Penoxsulam), propaquizafop (Agil,) propyzamide (Atapropy, Kerb 400 SC, Kerb SC, Setanta SC, Solitaire), quizalofop-P-ethyl (Quizelco, Targa Magamax, Targa Prestige), quizalofop-P-tefuryl (Pantera).

Ces produits requièrent le respect de zones tampons parfois larges. Protecteau en a établi une synthèse disponible sur son site : https://protecteau.be/

Protéger la culture des maladies et prédateurs

La maladie la plus crainte est la sclérotiniose, due le plus souvent à Sclerotinia sclerotiorum. Le respect d’une rotation suffisamment longue est la première méthode de lutte. Dans le cas de sols identifiés historiquement comme infectés par des sclérotes, il convient d’appréhender les risques et apprécier si une intervention avec le fongicide biologique à base de Coniothyrium minitans (Contans) se justifie en plein champ.

Lors des étés secs, nous craignons la pullulation des pucerons des racines. Nous y reviendrons en temps voulu dans ces colonnes.

Les pigeons ramiers peuvent occasionner de grands dégâts en picorant les jeunes feuilles. Les plantes prendront alors du retard dans leur développement avec des conséquences sur le poids final des racines et l’agenda des récoltes. Les problèmes viennent surtout lorsque les fortes populations se rabattent sur les rares parcelles de la région. Toutes les méthodes d’effarouchement viseront le découragement des mauvaises habitudes des colonies d’oiseaux dès le début de la croissance des plantes, mais l’efficacité n’est pas toujours au rendez-vous. Une autre méthode est la pose de filets, toutefois le prix de revient est très élevé au regard de la valeur des racines. En cas de fortes attaques, vous pouvez contacter les services compétents pour une autorisation de tir (https://www.wallonie.be/fr/demarches/demander-une-autorisation-de-destru...).

L'examen des collets donne une première indication de l'état sanitaire des racines avant la mise en frigo.
L'examen des collets donne une première indication de l'état sanitaire des racines avant la mise en frigo. - F.

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