La désinformation, le dénigrement de l’agriculture et de ses forces vives nous découragent alors que beaucoup d’entre nous, principalement les plus jeunes, croulent sous les dettes. Ceci n’est pas étonnant si on veut se rappeler que le prix de vente du froment s’affichait en 1960 à 200 €/tonne (8 fr/kg) alors qu’il s’élève aujourd’hui à 140 €/tonne !
Malgré l’évolution technique pourtant décriée, et avec l’érosion monétaire sur plus d’un demi-siècle, il ne faut pas être Newton ou Archimède pour comprendre la périlleuse situation financière que vit la génération actuelle. La nécessité d’un commerce équitable n’est plus l’apanage des pays du sud !
L’agriculture intensive d’autrefois
Ce qui était jugé bon avec les connaissances du moment
Il y a trois quarts de siècle, les chardons, les chiendents infestaient nos terres et bon nombre de villageois étaient occupés dans les fermes pour assurer le désherbage manuel. L’industrie se développant, la main-d’oeuvre a déserté la campagne, attirée par les salaires offerts dans les usines. C’est ainsi que les pesticides sont venus suppléer cette main d’oeuvre manquante. On s’en plaint aujourd’hui et on critique ceux qui ont fait avec les moyens et les connaissances de ce temps-là.
Les sols étaient acides et pauvres en éléments fertilisants. Des doses importantes d’engrais ont été employées. À l’époque, la société était contente de disposer des terres agricoles pour évacuer les scories, sous-produits des aciéries. Aujourd’hui, ce sont toujours nos terres qui encaissent les déchets venant des stations d’épuration d’eau. Les producteurs de légumes ne veulent pas ces boues chargées de métaux lourds, pourtant certifiées par la Région wallonne. Est-ce bien cohérent cela ?
L’agriculture raisonnée d’aujourd’hui: un rayon de soleil!
Comme tous, nous sommes attentifs à notre santé. Malgré tout, nous vivons au milieu des pollutions de toutes sortes occasionnées par l’industrie, le trafic routier, Tchernobyl, le tabac, les désodorisants, les conservateurs, les poudres à lessiver, et tant d’autres produits d’usage courant.
Est-il indécent de se demander si tout cela, faisant partie de notre quotidien, n’est pas bien plus nocif que les mini-traces de produits phytopharmaceutiques qui peuvent se retrouver dans nos aliments. Dans 97,4 % des cas, ces traces sont conformes aux normes admises, et mieux encore, pour 54 % des échantillons, les analyses montrent des niveaux de résidus de produits de protection des plantes (PPP) si faibles qu’ils ne sont pas quantifiables, selon l’Agence européenne de la sécurité des aliments (Efsa).
Mais il est tellement plus facile d’a
Comme le montre la figure 1
Concernant la suppression des néonicotinoïdes, les essais de l’Institut pour l’amélioration de la betterave (Irbab) prouvent qu’en années à forte pression de jaunisse virale transmise par les pucerons, la perte de rendement peut aller de 40 à 60 %. Ces produits sont intégrés dans l’enrobage des semences de betteraves et chicorées. Ces plantes racines ne fleurissent pas chez nous et les abeilles ne les butinent donc pas. Plus que tous, nous sommes attentifs à la vie du sol et à sa fertilité. Le parlementaire Edmund Stoffels, dans un article paru il y a quelques semaine dans la presse quotidienne : « Et si demain, plus rien ne poussait » désinforme le public et se permet de prendre les agriculteurs pour des sots qui détruiraient ainsi leur propre gagne-pain : le sol. Le respect de cette vie du sol nous a permis d’augmenter les rendements d’un tiers tant en froment qu’en betteraves alors que ce Monsieur fait référence à des scénarios catastrophes qui prédiraient l’inverse.
Quant à l’application d’engrais, grâce aux chercheurs – qui étaient autrefois bien plus libres pour leurs travaux qu’aujourd’hui –, elle consiste à apporter, après analyse, uniquement les éléments exportés par les récoltes ainsi que ceux qui seraient en déficit.
Si, aujourd’hui nous sommes fiers de figurer sur le podium des meilleurs agriculteurs de la planète, c’est aussi parce que, en betteraves et en froment, nous sommes parvenus à accroître les rendements tout en réduisant les doses d’azote minéral par tonne produite (voir figure ci-dessous).
Filière bio
C
Zéro pesticide: réalité ou utopie ?
L’indépendance alimentaire…
… et le danger des marchandises importées
Paradoxalement, via le Mercosur, notre pays devrait importer 90.000 tonnes de viande ou plus encore. Quid de nos éleveurs et engraisseurs sinon leur mise à mort, quid des consommateurs, quid du bilan carbone (déforestation et transport)…
Nous vous voyons mal envoyer des contrôleurs dans les pays exportateurs pour garantir qu’un revenu équitable soit réservé aux paysans, que le bien être animal y soit respecté, que les antibiotiques ne soient pas incorporés dans l’alimentation animale et que les bovins ne soient pas piqués aux hormones ! Il en est de même pour les importations des sojas OGM traités au glyphosate.
Ces importations seraient une façon bien particulière de se soucier de notre santé. Rappelez-vous, Messieurs, cette affaire française du sang contaminé où les dirigeants avaient été déclarés : « Responsables mais pas coupables » Espérons que nous ne devrons pas vivre chez nous l’affaire « Responsables et coupables » suite aux problèmes de santé qui pourraient découler de ces importations douteuses ?
Nous ne voulons plus subir !
, secrétaire du Ceta de La Mehaigne 6, rue du Cygne, 5380 Tillier.
Cosignataires: Les agriculteurs des Céta – Cercle d’étude de techniques agricoles – de la Mehaigne, de Perwez, de Héron, d’Eghezée, de Thuin, de Hesbaye Centre. Les agriculteurs des Comices de Jodoigne, de Namur Nord, de l’Entre-Sambre-et-Meuse, de la Hesbaye namuroise, de Basse Hesbaye (Liège), de Wavre-Perwez. L’association des planteurs APLI de Geer