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Les bonnes pratiques pour éviter l’oïdium en culture de cucurbitacées

Les plantes de la famille des cucurbitacées peuvent être atteintes par l’oïdium. Les premiers signes sont l’apparition de petites zones pâlissantes sur le feuillage. Après quelques jours, celles-ci s’étendent et finissent par recouvrir de blanc toute la surface, avec un aspect poussiéreux. La maladie affecte aussi bien la face supérieure qu’inférieure des feuilles. La photosynthèse est alors fortement ralentie, ce qui impacte considérablement la production.

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La source de contamination est présente le plus souvent dans ou à proximité immédiate de la parcelle, sur des plantes contaminées d’espèces voisines ou même d’autres genres comme des astéracées.

Cet oïdium est une forme imparfaite d’erysiphacées. Ses filaments mycéliens se développent en réseau en surface de la feuille. Ils envoient des haustoria, suçoirs qui pénètrent dans les tissus végétaux. Ces haustoria fixent les filaments et assurent leur alimentation au détriment du végétal.

Les petites zones pâlissantes sur la feuille sont des colonies de mycélium. Elles s’étendent et finissent par couvrir toute la surface du limbe.

L’oïdium peut se développer et s’étendre sans qu’il y ait de pluie ou de rosée. Il lui suffit de disposer d’une humidité relative de 70 ou de 80 %. Ces conditions sont fréquemment observées sous serre maraîchère après la fin juillet.

L’INRA-Montfavet identifie deux espèces : Golovinomyces cichoracearum (anciennement Erysiphe cichoracearum) et Podosphaera xanthii (anciennement Sphaerotheca fuliginea).

La première a des conditions de développement optimales entre 15 et 26°C, sans humidité relative nécessaire. Elle affecte les chicorées sauvages et cultivées ainsi que les mâches. Il s’agit d’une maladie secondaire en laitues. La seconde se développe très bien entre 25 et 21°C et une humidité relative élevée.

Il est difficile de distinguer les deux espèces à l’œil nu, mais un simple binoculaire suffit. Chez nous, celles-ci peuvent être présentes en plein air et sous serre. Les feuilles (limbes et pétioles), les tiges et les vrilles sont concernées. Plusieurs dizaines de souches différentes affectent les diverses sortes de cucurbitacées cultivées, influençant leurs formes de résistance et de tolérance.

Les différents pathotypes régressent lorsque la température dépasse 35°C. Cette particularité peut être utilisée en serre, mais avec le risque de favoriser le développement de tétranyques.

Les petites zones pâlissantes sur la feuille sont des colonies de mycélium. Elles s’étendent et finissent par couvrir toute la surface du limbe.
Les petites zones pâlissantes sur la feuille sont des colonies de mycélium. Elles s’étendent et finissent par couvrir toute la surface du limbe. - F.

Prévenir grâce au choix variétal et la rotation

Les semenciers progressent dans la sélection de variétés tolérantes ou résistantes. Mais les souches présentes peuvent contourner ces résistances qui demeurent partielles.

La prévention passe par le choix variétal et la rotation. Lorsque les premiers symptômes sont visibles, nous pouvons retarder quelque peu le début de l’extension de la maladie en enlevant et en éliminant les feuilles malades.

Le désherbage de la parcelle et en particulier des espèces porteuses de l’oïdium des chicorées (séneçon, laiteron…) permet de retarder l’apparition d’une des espèces d’oïdium des cucurbitacées cultivées chez nous.

Par ailleurs, une méthode de lutte préventive convient bien dans nos conditions technico-économiques : planter à deux dates distantes de six semaines environ. Les deux parcelles ne seront pas contiguës et, idéalement, l’une sera sous serre et l’autre en plein air, ou dans deux serres séparées. Pour la courgette, cette méthode porte ses fruits, en particulier avec des variétés peu sensibles comme ‘Naxos F1’, ‘Dunja F1’ ou ‘Rhodos F1’ ou d’autres variétés modernes. En effet, ces oïdiums, surtout G. cichoracaerum, se développe plus rapidement sur les feuilles âgées, ainsi que sur celles ombrées ou mal éclairées.

La mâche peut être atteinte de Golovinomyces cichoracearum dès l’automne. Il est possible que cette culture permette la jonction pour transmettre l’oïdium de la fin de l’été au début du printemps de l’année suivante.

Les semenciers progressent dans la sélection de variétés tolérantes ou résistantes. Mais les souches présentes peuvent contourner ces résistances partielles. La prévention passe par le choix variétal et la rotation.
Les semenciers progressent dans la sélection de variétés tolérantes ou résistantes. Mais les souches présentes peuvent contourner ces résistances partielles. La prévention passe par le choix variétal et la rotation. - F.

La lutte fongicide en complément

La lutte fongicide est basée sur les produits à action de contact ou systémique bien adaptés au développement superficiel du mycélium. Elle complète la résistance variétale. Elle se base sur l’emploi par alternance de produits ayant des modes d’action différents pour éviter la sélection de souches résistantes. Il est intéressant d’envisager une protection fongicide dès les premiers symptômes, avec un des produits homologués pour cet usage, en bio et en conventionnel (plus d’infos sur  www.fytoweb.be).

Notons que le soufre est toléré dans des cahiers de charge bio. Il s’emploie de préférence quand la température est inférieure à 35°C.

Sources consultées : Messiaen C.M. et Al, Les maladies des plantes maraîchères.

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