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Recevez Le Sillon Belge chaque semaine chez vous et bénéficiez d'un accès à tout le site : Articles, météo et cotations des marchés agricoles
Voir l'offre d'abonnementSavez-vous combien coûte une roquette américaine téléguidée Javelin, employée par l’Ukraine ? 80.000$. Un missile hypersonique russe Sarmat ou Iskander ? 10 millions de $. Un canon automoteur français Caesar ? 6 millions d'€. Un « bête » obus de 155 mm ? 6.000 €. Un fusil d’assaut « de marque » ? 3.000 €. À ce tarif-là, la guerre aux portes de l’Europe va coûter des milliers de milliards de dollars, rien qu’en armement et munitions, et sans doute davantage encore pour reconstruire tout ce qui sera détruit ! On parle aujourd’hui de « milliards » comme naguère de « millions ». Depuis deux ans, l’argent fout le camp des caisses des États à une vitesse hallucinante, dans un premier temps pour contrer le coronavirus, dans un second temps pour contenir les Russes. Pendant ce temps-là, on viendra dire que l’agriculture coûte cher ! C’est d’une bêtise à pleurer…
Il faisait beau temps pour le 3e festival organisé par Greenotec à Meux. J’y ai passé une très belle journée, un peu dans le style « Retour vers le futur ». Quand on est arrivé dans l’après-vie professionnelle et qu’on est resté « supporter » de l’agriculture, c’est un plaisir de retrouver tout ce qu’on a le mieux aimé dans ce métier : les rencontres, les innovations, l’agri-diversité.
J’admire les gens courageux et déterminés ! Il fallait « en avoir », et bien accrochées, pour affronter sans complexe des agriculteurs en colère à Merksplas… La Ministre Flamande de l’Environnement Zuhal Demir (NVA) n’a pas reculé, là où ses collègues masculins se seraient présentés accompagnés de gardes du corps. Venue expliquer aux éleveurs l’accord du Gouvernement Régional sur les émissions d’azote, elle a subi des insultes et des menaces de mort. Rien moins que ça… Une poupée à son effigie était pendue haut et court à un gibet, comme le pantin Sicco Mansholt lors de la manifestation de 1971 ! Les Flamands ont la corde facile, de toute évidence, mais la madame n’a pas faibli… Respect !
Et pourquoi pas des pommes de terre ? Le marché des céréales et leur circulation dans le monde sont gravement perturbés par l’« opération militaire spéciale » des Russes en Ukraine. Le froment, le maïs, le riz…, se sont imposés comme aliments de base pour nourrir l’humanité, car ils s’insèrent parfaitement dans la logique agro-industrielle, commerciale et capitaliste qui mène toutes les danses à l’heure d’aujourd’hui. Mais pour le reste ? Environnement et dérèglements climatiques, sécurité alimentaire des pays pauvres et risques de famine, diversité des sources d’approvisionnement ? Ces thèmes essentiels peinent de plus en plus à être respectés par la culture du blé & Cie. Alors, je le redis : pourquoi pas cultiver davantage de pommes de terre, et profiter de leurs atouts, malgré leurs faiblesses ?
Curieusement, mi-juin, plusieurs récits se télescopent dans mon esprit; D’abord, ces images venues d’Ukraine où nos dirigeants apportent le soutien de nos démocraties, ces pays où l’on se sent libre de travailler un peu, beaucoup, passionnément, pas du tout, où la solidarité organisée est de mise, bref, le monde idéal qui brille de mille feux, surtout vu de loin.
« Si on jouait à la guerre ? ». Quand nous étions tout gosses, nos parents n’aimaient pas trop nous voir entamer une « bataille » imaginaire, car ils avaient assisté, contraints et forcés, à des combats bien réels et vu en direct les dégâts causés par une vraie guerre, violente et sanguinaire. Ils avaient éprouvé, dans leur chair et leur esprit, les souffrances physiques et les traumatismes psychologiques qui accompagnent ce « jeu » aussi vieux que l’humanité. Aujourd’hui, Russes et Ukrainiens y jouent à fond : ils se tapent dessus « pour de vrai », et entraînent la planète dans une spirale de misères, vers le retour des ténèbres. L’ordre alimentaire mondial est complètement chamboulé par la mise hors-jeu de deux reines essentielles sur l’échiquier des céréales et des engrais. On parle désormais de « guerre du blé », et celle-ci risque fort de causer des dégâts incommensurables…
C’est dans l’air du temps. La vigne gagne du terrain en latitude. La Belgique salive de plaisir à l’idée de produire son propre vin. C’est vrai pour les professionnels. C’est aussi vrai pour les amateurs, trop fiers d’être en autoproduction avec le vin du jardin.
Mais où sont les foins d’antan ? Autrefois concentrée sur deux ou trois semaines en été, la fenaison d’aujourd’hui s’étale du printemps à l’automne, d’avril à novembre, déclinée en multiples coupes. Encore faut-il parler maintenant de « récoltes d’herbes », car les agriculteurs-éleveurs ensilent plutôt qu’ils ne fanent comme « dans le temps », quand les plastiques dérivés de l’industrie pétrolière n’existaient pas, et qu’il fallait tout engranger en sec.
Porc Qualité Ardenne tient à faire remarquer que les images tournées par l'organisation «AnimalRights» dans des porcheries flamandes sont des images volées et sorties d'un contexte inconnu. «Nous comprenons que ces images puissent choquer mais elles sont le résultat de la politique de prix bas qui pousse les producteurs à diminuer les coûts de production au détriment du bien-être animal. Mais quoi qu'il en soit, il ne faut pas faire d’amalgame. Il s’agit de cas particuliers qui ne concernent pas l’ensemble des éleveurs de la filière et certainement pas les éleveurs de la coopérative «Porc Qualité Ardenne». C’est pourquoi nous réfutons les allégations de l’organisation « Animal Rights» qui accuse «l’ensemble de la filière porcine»».
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