Les dindons de la farce

Recevez Le Sillon Belge chaque semaine chez vous et bénéficiez d'un accès à tout le site : Articles, météo et cotations des marchés agricoles
Voir l'offre d'abonnementRéforme des congés scolaires oblige, les petites vacances de Toussaint s’étalent sur deux longues semaines à partir de cette année. Panique à bord dans pas mal de familles !
On a tous pris conscience ces dernières années d’une méfiance grandissante de la population vis-à-vis du monde agricole. Et a fortiori, on constate que cette méfiance est alimentée en grande partie par une perte de bon sens, le « bon sens paysan » comme on se plaît à l’appeler.
Il est fini, le temps où les gens redoutaient d’avoir faim. La valse des caddies dans les supermarchés reflète notre société d’abondance. Le mot-clé du concert des médias est désormais l’énergie.
Est-il honteux de faire marche arrière, contraint et forcé, d’admettre que l’on a pris des habitudes désastreuses, des décisions catastrophiques, et qu’il serait opportun de revoir sa manière de fonctionner ? A-t-on peur de perdre la face ?
Assiettons-nous à table, et fourchettons ensemble combien coûte à la grosse louche ce qui transite par nos casseroles et passe sous nos couteaux ! Cette mise sur le gril va-t-elle nous couper l’appétit ? Serons-nous bons ensuite à ramasser à la petite cuillère ?
Récemment, en faisant une recherche sur internet au sujet de la nouvelle loi sur le bail à ferme, je suis tombé par hasard sur une page de site du Parlement de Wallonie, page consacrée à la problématique de « L’application de la réforme du bail à ferme aux anciens baux » (je cite).
Il était une fois deux frères, nés à treize mois d’intervalle. Ils faisaient la fierté de leurs parents, un couple d’agriculteurs installés sur une ferme modèle. Ceux-ci fondaient de grands espoirs sur leurs fistons, tout destinés à reprendre en tandem l’exploitation familiale. Seulement voilà, le destin n’est pas toujours d’accord et quelquefois, s’ingénie à brouiller des plans qui semblent gravés dans le marbre du futur…
Miraculeux, magique, merveilleux! Les pluies de ces jours derniers ont ressuscité nos prairies à une vitesse stupéfiante! Nos «savanes» couleur paille ont retrouvé leur joli dégradé de verts, du plus pâle au plus profond, quasi bleuté. Nous vivons un second printemps en automne, et les vaches jouent des oreilles en broutant les herbes tendres. Les agarics champêtres pointent partout leurs petits bonnets blancs, tandis que les arbres sauvages ploient sous une profusion de fruits. Les hêtres, chênes, aubépines, sorbiers, poiriers et pommiers sauvages, …, sont grêlés comme jamais de faînes, glands, druppes, sorbes et sûrettes! Dame Nature est en fête: sa petite entreprise ne connaît pas la crise, et chante à pleine voix le Temps des Cerises...
La reine est morte, vive le roi ! La couronne de Grande-Bretagne a quitté la royale chevelure de la défunte souveraine pour rejoindre celle – plus clairsemée — de son fils. On n’a pas fini d’en parler ! Les Britanniques ne font rien comme les Européens du continent. Ils vouent un culte inconditionnel, quasi irrationnel, à une institution féodale anachronique, fascinés comme des enfants par les tribulations de leurs souverains. Notre roi et notre reine belges nous font beaucoup moins rêver, car en vérité, toutes ces têtes couronnées sont des gens comme nous, avec leurs défauts et leurs qualités, leurs plaisirs et leurs douleurs, leurs besoins terre à terre et leurs fantasmes.
L’autre jour, je parcourrais l’immense centre commercial de Mons, dénommé « Les Grands Prés ». Mon esprit mal tourné ne m’a pas empêché de penser « Quel drôle de nom pour ces hectares qu’on a vu bétonner en quelques dizaines d’années… ». Il n’y a plus un brin d’herbe à des kilomètres à la ronde. Rien que des parkings, des galeries couvertes et chauffées (ou refroidies selon les saisons), illuminées non-stop. Un temple du consumérisme où tous les grands noms du marketing international sont rassemblés.
Abonnez-vous à Le Sillon Belge
Voir l’offre d’abonnement