Hold-up sur les terres agricoles

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Voir l'offre d'abonnementVoici revenu juillet ! Une coupe, deux coupes, trois coupes : fenils et silos-couloirs sont bien remplis grâce aux averses venues arroser régulièrement nos prairies lors des orages, pas bien méchants jusqu’à présent. Les moissonneuses montent par vagues à l’assaut des champs d’escourgeon, et les touristes envahissent nos campagnes : scouts et guides, familles néerlandophones et bruxelloises, trailers et bikers, randonneurs à cheval… Faites gaffe aux barrières de vos pâtures ! Déjà, la Foire de Libramont approche à grands pas, et les fermiers se découvrent plein d’amis qui leur demandent « s’ils n’auraient pas une entrée gratuite en trop ? ».Ces précieux sésames sont devenus super chérots, m’expliquait ces jours-ci une jeune maman solo, en perpétuelle délicatesse avec son portefeuille et sa carte de banque… Elle voudrait y emmener son gamin « voir le carnaval des animaux », selon les termes du bambin.
Les Journées Fermes Ouvertes suscitent un engouement certain parmi les gens curieux de (re)découvrir l’agriculture « en vrai ». Indubitablement, les fermes classiques sont très peu représentées lors de ce week-end particulier, quasi absentes, au contraire des exploitations qui présentent un caractère spécial et commercial : vente à la ferme, agri-tourisme, élevages d’ânes ou d’autruches, maraîchage biologique… Simple paysan conventionnel sans aucune originalité, j’apprécie particulièrement ces visites, très stimulantes pour mes espiègles petits neurones. Ainsi, cette année, j’ai découvert l’agriculture biodynamique ! Son concept aux apparences ésotériques peut paraître déroutant, mais une fois la barrière de son étrangeté franchie, il apparaît dans toute sa cohérence et sa durabilité dans la marche actuelle du monde…
Nous basculons sur juillet et les actualités semblent se croiser, pour le meilleur comme pour le pire.
Dans la grande farandole des nouveaux mots serinés à tous propos, un terme revient sans cesse dans la bouche des politiciens conservateurs, ceux-là même qui s’affichent « réformateurs » et « progressistes ». Ils parlent de « wokistes » pour fustiger et dénigrer les lanceurs d’alerte, les défenseurs des causes sociales, raciales, écologiques et féministes. Défendre trop haut et trop clair la cause paysanne, par exemple, relèverait également du « wokisme », m’a-t-on signifié… Mu v’la wokiste, cré vin djou !
Vais-je en parler ? Vais-je encore radoter sur ce sujet maintes fois évoqué dans les colonnes du Sillon Belge ? M’en tiendrez-vous rigueur, excédés par un thème qui retourne chez d’aucuns le couteau dans un ulcère douloureux, chaque fois qu’il est évoqué ? Mille excuses, mais le renchérissement exponentiel des terres agricoles mérite un article, mille articles de presse, tant le sujet nous touche au plus profond de notre cœur paysan ! Nous sommes précipités au centre d’un jeu mortel de Monopoly, lequel consiste à nous ruiner par des opérations immobilières, au gré des coups de dés qui font et défont les fortunes.
Régulièrement, Christian Walravens, professionnel du secteur agricole et lui-même agriculteur, propose au public d’échanger sur des thèmes liés à l’agriculture et plus particulièrement sur l’utilisation des produits de protection des plantes. C’est dans ce cadre qu’il s’est notamment adressé, il y a peu, aux agriculteurs du Comice de Seneffe mais également aux citoyens de diverses communes de la région.
Démocratie, que signifie encore ce terme aujourd’hui. Cette souveraineté du peuple, représenterait-elle encore 50 % auxquels il faudrait ajouter 40 % de particratie et 10 % de dictature. On pourrait croire que ce triste cocktail soit la réalité actuelle alors qu’une autre menace guette tant les agriculteurs que les consommateurs : la désinformation. Elle se traduit par une ingérence dans la façon de penser de la population. Cela pourrait s’appeler la « désinfocratie ».
Si j’étais ministre de l’agriculture, j’offrirais à tous les agriculteurs de Wallonie, le livre « Faire Paysan », du suisse Blaise Hofmann aux Éditions Zoé. Et dans la foulée, j’imposerais à tous les « Bobos » du pays l’obligation de le lire avant d’encore émettre la moindre critique vis-à-vis de l’agriculture.
Nous nous battons pour respecter les conditionnalités des primes PAC et pourtant nous n’en avons jamais bénéficié. Pourquoi ?
Très humide puis soudainement très sec, le printemps frisquet de cette année ne refroidit en rien les ardeurs des « anti-boeufs », ceux qui crient « Mort aux vaches ! » quand il s’agit de désigner les plus gros émetteurs de gaz à effet de serre, tandis qu’eux-mêmes roulent en bagnole et prennent l’avion sans faire le moindre effort de sobriété. Le rôle du baudet semble définitivement avoir été assigné aux agriculteurs, dans la vaste pantomime des animaux malades de la peste climatique. Haro ! Haro ! Ne serait-il pas temps d’allumer un contre-feu pour éteindre l’incendie qui nous consume ?
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