Petits biquets…

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Voila déjà un bon bout de temps que l’on parle de la PPA dans les pays de l’Est, à ce jour elle est dans le Sud de la Gaume pays des trois frontières France et Grand Duché de Luxembourg.
Six ans, c’est long et court à la fois. Dimanche 14 octobre, nous reviennent déjà les élections communales, le seul scrutin dans nos campagnes où les électeurs connaissent au plus près les prétendants, puisqu’ils font partie de leur entité, de leur village, de leur famille. D’un candidat aux élections, on dit qu’il « se présente », qu’il se fait connaître sous son meilleur jour, afin de séduire un maximum de votants en faveur de sa liste et de lui-même. Maquillages, babillages, déballages, abordages et sabordages font partie du folklore électoral local, constellé d’un million de promesses, trop belles et parfois trop naïves pour être tenues.
En lisant l’édito du Sillon du 5 octobre, on prend conscience d’une nouvelle dimension dans le radicalisme qui touche aujourd’hui les mouvements d’idées.
Pas de place à l’ennui en ce début d’automne ! L’agriculture wallonne vit des heures rock’n roll, dans un climat d’été indien sec et frisquet, un vrai sale temps pour les cochons en tout cas, dans cette zone de 63.000 hectares située au sud du pays. Les autorités y sont occupées à cuisiner un pâté gaumais de plus de 4.000 porcs, pour sauver les millions de cochons flamands. Particulièrement indigeste, ce plat sera difficile à avaler et restera longtemps sur l’estomac des éleveurs wallons, obligés de mâcher et de marcher comme la musique joue…
Sans doute n’ont-ils jamais entendu parler de la peste porcine africaine… Depuis une dizaine de jours, mon bosquet de chênes centenaires est devenu le « Bed & Breakfast » d’une famille de sangliers. Chaque matin, vers huit heures, je vais saluer mes copains et essayer de les compter. Ils sont au nombre de vingt ou vingt-cinq, environ : trois grosses laies hirsutes et toute une flopée de bêtes rousses et de marcassins. Museaux au sol, ils se bâfrent de glands en couinant et grognant. Cette année, ils ont le poil brillant d’animaux bien nourris, rien de comparable avec les sangliers anémiques, pelés et poussiéreux des parcs animaliers. Une laie monte la garde et m’observe ; elle a tracé un cercle virtuel d’environ trente mètres autour de sa tribu. Si je le franchis, même en douceur, elle donne l’alerte et la bande s’enfuit à une vitesse stupéfiante. Et la nuit suivante, ils reviennent se taper la cloche sous le couvert des arbres. Ceux-là ne sont pas malades, à n’en pas douter !
Alice est fâchée sur son papa, révoltée comme on peut l'être à douze ans, sans limite ni concession. Il lui avait promis de l'accompagner pour sa rentrée scolaire en secondaire, afin de visiter avec elle son nouvel établissement et rencontrer ses professeurs. Promis, juré, craché! Seulement voilà, il n'a «pas eu le temps», car il lui fallait emballer 200 boules de préfané, avant «qu'il ne pleuve». Déjà en juin, il n'avait «pas eu le temps» d'assister à la remise de son CEB, car il devait presser du foin avant «qu'il ne pleuve». Il n'était pas arrivé à temps à la cérémonie, avant qu'elle ne pleure...
Aujourd’hui, on fait des « city-trips » en Europe comme la génération précédente allait « à la mer du Nord » une fois par an. Ainsi, j’ai visité Lisbonne récemment et j’ai pu me rendre compte qu’un des plus grands parcs urbains boisés du monde, une merveille environnementale de 1.000 hectares représentant 10 % de la surface de la ville, s’appelle… Monsanto.
Dans le Sillon Belge du 7 septembre dernier, il a été question de feuillages-fourrages destinés aux animaux en temps de disette. Une amie aux origines vietnamiennes m’a raconté une autre histoire de feuilles, beaucoup moins sympathique et vieille de cinquante ans, lorsque son pays s’est vu aspergé pendant dix ans par un défoliant célèbre, l’Agent Orange. Le grand frère malpropre du Roundup-glyphosate est revenu au-devant de l’actualité ces jours-ci et nous rappelle à quel point les pesticides peuvent constituer la face sombre et négative de notre profession d’agriculteurs.
En septembre, les feuilles en voient de toutes les couleurs, c’est peu de le dire : feuilles d’arbre qui s’étiolent et jaunissent, feuilles de betteraves et de pommes de terre qui fanent et flétrissent, feuilles de papier qui se lisent ou s’emplissent. Ces feuilles-là, et toutes les autres méritent bien quelques lignes en leur honneur !
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